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Play-Urban-Mayotte-Royaume des Fleurs- esquisser#22 – Alice Chapotat

Mon lieu est une rue extrêmement théâtrale de Labattoir. Il s’y passe toujours des choses fascinantes, notamment dans une maison en construction à côté d’un terrain vague. Les ouvriers sont accrochés aux grilles du dernier étage, leurs mouvements sont très chorégraphiques. Le terrain vague aussi est intéressant, son occupation change selon les heures, des enfants, des jeunes, des femmes qui vendent des beignets, un club de domino réservé aux hommes et entouré de grillages – les hommes et les femmes sont séparés. Sur le côté, il y a une salle où des femmes musiciennes d’un certain âge, anjouanaises, répètent. Je les vois tous les soirs. Déjà à Anjouan dans les années 80 elles jouaient le twarab, mélange de musiques africaines et arabes. Séparées, elles se sont retrouvées à Mayotte et on recréé le groupe. 

Mon projet sera une relation entre le terrain vague [les enfants] et le groupe des musiciennes d’Anjouan, deux générations en parallèle. 

 

Je m’appelle Alice Chapotat, née dans le XIème à Paris où j’ai grandi. Je vis à Strasbourg. Mon père s’appelle Frédéric Chapotat, né à Cormeilles-en-Parisis, ma mère s’appelle Sophie Lemaistre, née à Paris. Ma grand-mère s’appelle Thérèse Chambin, née en Bourgogne, sa maison détruite par les bombes pendant la guerre, elle va à Paris où elle rencontre mon grand-père, René Lemaistre, né en Roumanie sur les routes en 1939 au moment de l’invasion allemande, alors que sa mère, aristocrate tchécoslovaque mariée à un diplomate français en Tchécoslovaquie était en fuite. Ils ont vécu à Paris dans le XIXème arrondissement, comme toute ma famille. C’est mon quartier. Du côté de mon père, sa mère s’appelle Danielle Dellizuani, née en France de père italien fuyant l’Italie en traversant à pied les Alpes et son père s’appelle Pierre Chapotat. On pense qu’il est venu d’Espagne. 

J’avais très envie de voir cette île, département français dont j’entendais parler à la télé sans avoir conscience de ce qu’il s’y passait. Vivant en ville, je voulais découvrir à quoi ressemblait l’espace urbain ici.

Je ne m’attendais pas à devoir faire autant de danse, une écriture dans laquelle je ne me sens pas à l’aise, du coup j’essaie d’être un peu à côté, avec des personnes qui ne dansent pas, Batoule, Bendji. Nous faisons des séances d’écriture, je discute beaucoup avec les autres. 

 

 



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