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Play-Urban-Mayotte-Royaume des Fleurs-25-09-21- esquisser#19 – Joyce Hadassa

Lors de balades, j’ai choisi un endroit où il y a un mur obstrué par des parpaings qui crée des images en moi. J’ai échangé ces images avec des étudiants scénographes. Je voudrais créer une performance dans ce lieu qui m’inspire l’idée de la ruine. La ruine, c’est le titre que je vais garder pour mon projet.


Vendredi 24 et samedi 25 septembre, sur 2 après-midi et débuts sont présentés dans les espaces urbains et naturels de Grande Terre une série d’esquisses de projets (performances, installations, vidéos…) quelque chose d’un geste en devenir s’y lit. Les projets ne sont pas finalisés, comment auraient-ils pu l’être en 3 semaines de résidence alors que les étudiants de Strasbourg et de La Réunion venaient à Mayotte pour la première fois. Il leur fallait avant tout commencer à comprendre où ils mettaient les pieds afin produire des gestes suffisamment en résonance avec les réalités très complexes de l’ile. Certains projets devraient être poursuivis prochainement d’autant que certains étudiants nomment leur désir de prolonger un temps leur présence ici.

avec Pauline Jacquet, Lucie Mao, Tina Miradji et Nicolas Verguin


ÉPREUVE
Douleur = Noir
Peur = Noir
Pleur = Rouge
Fièvre = verte
Froid = blanc
Angoisse = Marron
La traversée était longue : depuis l’époque de l’inconscience jusqu’à nos jours.
Les angoisses de la mer qui ne cessent de torturer l’âme, le claquement de l’océan sur le pauvre bois.
Le bruit dans le noir, dans un lieu qui n’effraie pas, mais qui souffle à l’oreille.
« NAM-KARIBOU » dit-il
La porte s’ouvre. Mais les parpaings, la
ruine, les bruits de verre qui se cassent et se dispersent.
La sirène qui sonne (Police).
Le rythme est bon et vivant.
La terre promise avec toutes ses diverses tâches et sa générosité nous donne le rythme : Le compte de 0 à 10 pour DANSER.
1) Le début de quelque chose
2) La dualité – la confrontation
3) L’équilibre – la liberté de s’exprimer.
4) La persévérance
5) La vie – l’indépendance
6) L’harmonie – Le choix
7) L’analyse – La maîtrise
8) Le pouvoir, l’énergie – L’envie d’accomplir
9) Le sens absolu, l’idéaliste
10) Danse, amuse-toi, nourris, partage ton savoir

POOMM….POOMM….POOMM La Barge s’apprête à partir, laisse-moi

passer. Aller découvrir. Aller apprendre. Aller performer.

La vie est une danse.

Je suis Joyce Hadassa, nom que j’ai pris à Mayotte pour des raisons familiales. Mon père m’a donné comme nom Joyce Simon Kimbangu à la naissance sans me donner de raison. J’ai grandi dans la famille de ma mère. Je suis le fils de Charles Mabanza et Pauline Batondo. Mes grands-parents maternels, que j’ai eu la chance de connaître, sont Marceline et Nicolas Kabamba. Je suis à Mayotte depuis 3 ans, je suis artiste, danseur. Je viens de la République démocratique du Congo, plus précisément de Kinshasa. Mayotte, déjà ça part d’un trajet, un sacré trajet. Ne pas savoir où j’allais, ne pas savoir si j’allais vraiment rester. J’ai quitté mon pays, la RDC pour venir ici en passant par l’Ethiopie, Madagascar puis enfin Mayotte en kwasa-kwasa. Je suis arrivé très tard, vers deux heures du matin dans un endroit un peu abstrait, très flou, on devinait juste des arbres, des maquis, je pensais que j’étais dans une forêt. J’ai prié le matin avant de comprendre réellement où j’étais, dans une ville, j’étais à Mamoudzou !

Alors que je pratiquais les arts martiaux, début 2019 j’ai découvert le Royaume des Fleurs. J’ai rencontré Djodjo. Le Royaume m’a ramené à la danse. Maintenant je continue à apprendre la danse, je rencontre beaucoup d’artistes avec qui on partage nos idées. Comme ça je prend conscience de ma créativité. La résidence avec les étudiants de Strasbourg et les réunionnais est un temps fort d’échanges.  

Cette terre m’a changé, m’a fait grandir, je continue à apprendre : Mayotte, terre de vie. Mais je ne vivrai pas ici toute ma vie. 

 



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