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E-PROTOCHORÉGRAPHIES
Ermioni SYROGIANNOPOULOU

Ermioni Syrogiannopoulou, étudiante venue d’Athènes pour un semestre d’échange Erasmus, a regagné son pays en début de confinement. Nous avons maintenu le lien avec elle, comme avec tous les autres, via internet, échangeant chaque semaine sur l’avancée de ses recherches. Marquée par la situation sociale de son pays résultant de la crise de 2008, elle imagina un projet autour de la figure du mendiant si présente dans les rues d’Athènes.

MENDIANTS

Ils sont partout. Parti dorénavant indispensable de l’espace urbain. Devant eux un objet vide relie leur espace avec le nôtre. Un verre vide, une petite assiette ou un chapeau communique avec nous. Des objets qui demandent via leur vide. Avec un rationalisme innocent un verre vide demande de l’eau, une petite assiette vide de la nourriture et un chapeau vide une tête pour le remplir.

Dans le monde d’aujourd’hui cette raison autonome des objets, c’est perdu. Toute chose demande de l’argent. Cependant le présent a beaucoup de blessures et la société beaucoup de mendiants. Des mendiants qui se cachent en nous et exigent des valeurs et des sentiments qui se sont perdus ou qui n’existèrent jamais. Les humains s’offrent à ceux qui aiment ou à ceux dont ils attendent quelque chose et aboutissent ainsi à soigner une extension d’ eux-mêmes.

Dans le domaine de l’imaginaire donc maintenant un mendiant porte avec lui la mémoire de toutes les lacunes de la société. Et une société de lacunes devient d’elle-même, automatiquement une société mendiante. Et devant cette mendiante dorénavant au lieu du verre vide de la petite assiette ou du chapeau, il y a maintenant un vase plein d’eau mais vide de fleurs…

pour voir le dossier de recherches c’est ici



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