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Fictions Ordinaires
Medellin, Fort de France – Port au Prince, 2017

Un projet dans l’espace urbain de trois quartiers à Medellin, Fort de France et Port au Prince, porté par Catherine Boskowitz [Metteure en scène] et Jean Christophe Lanquetin [Artiste – Scénographe et enseignant à la HEAR]. Cinq étudiantes de l’Atelier de Scénographie de la HEAR ont fait partie de ce projet : Lisa Colin, Elise Villatte, Margot Ardouin, Adeline Fournier et Maria Flor Pinheiro.

Voir le site des Fictions Ordinaires : http://fictionsordinaires.net/ 

« Le projet naît d’un constat partagé, d’une interrogation sur les conditions, le contexte et les enjeux de notre pratique d’artistes de spectacle vivant aujourd’hui en France. Nous partageons le sentiment d’une déconnexion profonde des formes théâtrales et des lieux de l’institution culturelle avec le monde dans lequel nous vivons. Le constat peut sembler caricatural mais quelque chose d’une circulation entre la parole scénique et le monde d’aujourd’hui nous semble actuellement rompu au profit d’une fabrique d’histoires hors sol et de la reproduction des discours dominants. Il s’agit concrètement d’un formatage de l’adresse et du sens, de l’impossibilité à ce qu’une pluralité de points de vue, de paroles, de récits, se dise dans ces lieux pourtant conçus pour être au service de tous. Et ce ne sont pas les propos constamment ressassés sur la liberté du spectateur qui suffisent à faire exister cette pluralité.
Ainsi, travaillant dans le champ théâtral, nourris depuis longtemps, chacun à sa manière, de pratiques collaboratives et contextuelles, nous ne savons plus très bien, dans ces espaces institutionnels, à qui nous nous adressons, ni pourquoi, comment et où nous pouvons le faire. Un sentiment domine : Sommes-nous en résonance avec les histoires, les fictions du monde actuel ? Nous adressons-nous à ceux qui dans leur diversité, en constituent la chair ? Nous partageons un sentiment de coupure, d’entre soi. Plusieurs événements politiques récents, en France et ailleurs – en particulier les attentats de 2015 – viennent le renforcer. D’où l’envie, formulée ensemble en 2016 et concrétisée au fil de l’année 2017, de déplacer nos modes opératoires, une envie d’ouverture et d’écoute, d’immédiateté, de fragilité, d’improvisation, de joie, de créativité et de beauté, par insertion de nos pratiques de fiction et de récit au coeur de contextes urbains. Pour tous deux, être artiste est indissociable du voyage, du fait de travailler hors d’Europe, en prise avec les contextes les plus divers, dans le monde arabe, sur le continent africain, en Amérique du Sud… Ainsi, en 2016 nous avons eu l’opportunité de voyager en Colombie, d’y rencontrer des artistes et de nous immerger au coeur de la vitalité urbaine de Bogota. La rencontre avec Raphael Girouard, designer de lumières urbaines et activiste social nous a conduit à Medellin – cette ville fortement résiliente d’un passé violent, où se développent de nombreuses expérimentations urbaines et pratiques collaboratives connectant le social et l’artistique. La rencontre avec la corporation Nuestra Gente – un lieu social et théâtral – dans le quartier de Santa Cruz nous a semblé un espace possible pour ce projet appelé ‘Fictions Ordinaires’, spectacle vivant entre théâtralité, arts visuels et performance, inscrit dans le contexte d’un quartier, imaginé avec et à partir des récits de ses habitants. En avril 2017 nous nous sommes ainsi installés pour un mois dans Sinaï, un petit quartier de réfugiés et déplacés internes, (du fait de la guerre civile qui a fait rage pendant près de cinquante ans en Colombie). Il y a vingt ans c’était un campement, aujourd’hui il est bâti en dur, mais menacé de disparaître à nouveau par un processus de gentrification urbaine.»

Suite à cette première résidence qui a rassemblé une équipe artistique d’une quinzaine de personnes, dont cinq étudiantes de la HEAR (Margot Ardouin, Lisa Colin, Maria Flor Pinheiro, Adeline Fournier, Elise Villatte), un dispositif similaire (quoique dans une temporalité plus courte) a été mis en place à Fort de France (en Martinique, à l’invitation de Tropiques Atrium) et à Port-au- Prince (en Haïti, à l’invitation du Festival Quatre Chemins), où deux étudiantes ont rejoint le projet. L’itinérance du projet de Medellin à Fort de France et Port au Prince, s’est d’emblée construite dans la perspective de travailler aussi en France, notamment à Strasbourg et en particulier dans le quartier de la Meinau, où Fictions Ordinaires se poursuit aujourd’hui.

FICTIONS ORDINAIRES
Trois spectacles mélangeant jeu d’acteurs, vidéo, danse, installations en direct ont été présentés devant les habitants, à Medellin / Sinaï les 28 et 29 avril 2017, à Fort-de- France dans le quartier des Terres Saint Villes le 27 mai 2017 et à Port-au-Prince dans le quartier de Bas-peu-de-chose le 23 novembre 2017. À chaque fois à l’issue d’une résidence de travail en immersion dans le quartier, d’une durée de quinze jours à un mois, mais suffisante pour activer une multitude de questions et enjeux.



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