
{"id":5816,"date":"2021-10-04T10:59:47","date_gmt":"2021-10-04T08:59:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/?p=5816"},"modified":"2022-07-06T16:49:10","modified_gmt":"2022-07-06T14:49:10","slug":"playurban-mayotte-ce-que-nous-faisons-qui-ou","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/2021\/10\/playurban-mayotte-ce-que-nous-faisons-qui-ou\/","title":{"rendered":"Play>Urban Mayotte <hr> Ce que nous faisons &#8211; qui &#8211; o\u00f9 ?"},"content":{"rendered":"<div class=\"page\" title=\"Page 115\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>A PLUSIEURS VOIX<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Franc\u0327ois \u2013 Quelle mouche nous a pique\u0301 pour venir a\u0300 la rencontre de personnes vivant a\u0300 10 heures d\u2019avion de chez nous ? n\u2019avons-nous pas saisi les avance\u0301es relationnelles produites par un an et demi de confinement sanitaire ? les vertus tant vante\u0301es de la rencontre a\u0300 distance ne nous sont-elles pasparvenues ? quel est cet esprit de re\u0301sistance qui nous fait de\u0301fier les lois de la distanciation physique ? venir ici est-ce retrouver un corps perdu dans les e\u0301preuves du confinement ? remettre en jeu les connexions e\u0301touffe\u0301es entre corps actifs, apprentissage et cre\u0301ation ? rencontrer d\u2019autres corps \u2013 corps de jeunes gens, re\u0301sidents a\u0300 Mayotte, qui tentent de sauver leur peau sur un territoire ou\u0300 l\u2019avenir be\u0301gaye en entrant dans la danse du Royaume des Fleurs.<\/strong><\/p>\n<p>Des liens entre nous existent, certains depuis une vingtaine d\u2019anne\u0301es. Nous ne partons pas de ze\u0301ro. Ve\u0301cus communs et convictions, notamment sur ce qu\u2019est un processus pe\u0301dagogique en art, nous rassemblent. Nous expe\u0301rimentons ensemble des dynamiques de travail et des agencements d\u2019artistes en lien avec le territoire. L\u2019existence d\u2019une forme qui serait finale importe peu, mais re\u0301gulie\u0300rement nous montrons des choses. Nous avons besoin d\u2019interagir avec les gens, que les tutelles voient le travail, d\u2019interagir avec le milieu, de faire territoire. La relation au spectateur est centrale dans la pratique sce\u0301nographique et performative.<\/p>\n<p>L\u2019attention au processus ouvre sur un foisonnement cre\u0301atif.<\/p>\n<p>Notre travail ici est une manie\u0300re de vivre en artistes, il ne fait pas spectacle.<\/p>\n<p>Premie\u0300re semaine \u2013 6 jours \u2013 ou comment s\u2019e\u0301labore par le milieu notre pre\u0301sence ici.<br \/>\nAvant me\u0302me le jour 1, il faudrait parler des premiers moments a\u0300 Mayotte, de la maison<br \/>\ncollective ou\u0300 vivent les 10 jeunes artistes-e\u0301tudiants de me\u0301tropole avec une partie des jeunes 115 artistes Mahorais. Hamza Lenoir en dit ceci : \u00ab tu te rends pas compte, c\u2019est comme une<br \/>\ne\u0301cole sans e\u0301cole, on a jamais eu c\u0327a ! \u00bb. Ainsi, de la fe\u0302te le soir de notre arrive\u0301e qui acce\u0301le\u0300re la<br \/>\nrencontre et fac\u0327onne le groupe, de la marche le lendemain qui laisse entrevoir le milieu ou\u0300<br \/>\nnous allons expe\u0301rimenter, l\u2019importance de sa part non humaine.<\/p>\n<p>D\u2019emble\u0301e nous marchons, nous nageons, nous dansons.<br \/>\nC\u2019est par le milieu que nous entrons : immersion, proximite\u0301, adhe\u0301rence, fluidite\u0301. En plonge\u0301e.<\/p>\n<p>Le <strong>jour 1<\/strong> [lundi 6 sept], deux mots clefs sont donne\u0301s :<\/p>\n<p>QUOTIDIEN \u00a0[PRODUIRE DE L\u2019] ATTENTION<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas seulement une attention a\u0300 l\u2019ordinaire, c\u2019est aussi : quels dispositifs d\u2019attention inventer dans un milieu ? Par, dans, avec. C\u2019est arriver a\u0300 ressentir le fait que n\u2019e\u0301tant pas d\u2019ici mais pre\u0301sents, nous sommes d\u2019emble\u0301e au c\u0153ur d\u2019un territoire. De se de\u0301tacher de l\u2019ide\u0301e qu\u2019on est exte\u0301rieur. Il n\u2019y a pas d\u2019exte\u0301rieur.<\/p>\n<p><strong>Jours 1-2 et 3<\/strong>. les apre\u0300s-midi, marches dans la ville. Les Mahorais nous emme\u0300nent dans les lieux qu\u2019ils souhaitent. La de\u0301couverte de Petite Terre se fait a\u0300 travers le regard de ceux qui y vivent.<\/p>\n<p><strong>Jean-Christophe \u2013 Jesu et Karim m\u2019emme\u0300nent au stade. Le moment est un peu flottant, ordinaire, pas grand chose a\u0300 voir. Mais ce qui compte, c\u2019est le fait que ce lieu est charge\u0301 de leur histoire. Les premie\u0300res anne\u0301es de danse, dans la rue, au sortir de l\u2019e\u0301cole, la nuit. Ils mettent de la musique, essayent d\u2019attirer les enfants qui sortent de l\u2019e\u0301cole avec des mouvements et des pas.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Myriam \u2013 Je rejoins Jesu, JC, Karim, Pauline, Alice et Radj au stade de Labattoir. Des jeunes e\u0301coutent de la musique dans leurs voitures, les basses font vibrer les carrosseries.\u00a0Dans la pre\u0301cipitation, j\u2019ai laisse\u0301 les clefs dans la serrure de la mienne. J\u2019ai juste le temps de faire quelques pas, de mettre les pieds dans la poussie\u0300re. Karim et Jesu proposent d\u2019aller sur le parking de leur ancien colle\u0300ge, nous parcourons les diffe\u0301rents sols sur lesquels ils ont cherche\u0301 leur danse, terre battue, goudron, le confort des tapis de danse viendra bien plus tard. Nous reprenons la route pour aller cueillir des mangues vertes. Les corps de Jesu et de Karim ont disparu dans le feuillage de l\u2019arbre, immense, ils font trembler les branches et leur voix habitent le lieu. Les arbres ont leur danse aussi. Nous ramassons leurs fruits. Un volcan sous-marin en pleine croissance, a\u0300 3500 me\u0300tres de profondeur, fait re\u0301gulie\u0300rement trembler les i\u0302les. Je sens, lors de cette premie\u0300re promenade partage\u0301e, qu\u2019il faudra apprendre a\u0300 se laisser traverser par ses microse\u0301ismes, danser, penser, incorporer le tremblement : \u00ab pense\u0301e sismique du monde qui tremble en nous et autour de nous \u00bb (Glissant).<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 116\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>F \u2013 lundi, nous partons avec Agathe et Elhad pour une visite de la pointe occidentale de Petite Terre, au bout de l\u2019appendice e\u0301troit du Boulevard des Crabes borde\u0301 au sud<\/strong><br \/>\n<strong>par la mer et au nord par la vasie\u0300re des Badamiers. Cette partie de l\u2019i\u0302le appele\u0301e le Rocher de Dzaoudzi a e\u0301te\u0301 le centre ne\u0301vralgique de l\u2019archipel avant que les nouvelles institutions de la de\u0301partementalisation s\u2019installent a\u0300 Mamoudzou sur Grande Terre. Visiter le Rocher c\u2019est comprendre ce qu\u2019e\u0301tait l\u2019organisation du pouvoir colonial, sa relation au territoire et a\u0300 la population. Le Rocher est pense\u0301 comme une place forte, en bout de presqu\u2019i\u0302le, c\u2019est un lieu facile a\u0300 de\u0301fendre, en attestent les canons de bons calibres braque\u0301s vers Grande Terre qui gardent la Maison du Gouverneur. Elhad nous emme\u0300ne a\u0300 la rencontre d\u2019une partie de son histoire \u2013 c\u2019est ainsi qu\u2019ont e\u0301te\u0301 propose\u0301es ses marches aux artistes Mahorais. Celle-ci de\u0301bute par la rencontre entre sa me\u0300re et son beau-pe\u0300re au bar-restaurant \u00ab Le tour du monde \u00bb. Sa me\u0300re y travaillait, son beau-pe\u0300re affecte\u0301 a\u0300 la caserne de la Le\u0301gion e\u0301trange\u0300re voisine, venait y manger. Enfant, Elhad sera marque\u0301 par les visites re\u0301gulie\u0300res chez les militaires, fascination. La visite se poursuit sur le terrain d\u2019un e\u0301difice religieux, on pense dans un premier temps avoir a\u0300 faire a\u0300 une mosque\u0301e, Elhad parle de fouilles qui auraient bloque\u0301 la mise en \u0153uvre de travaux importants de re\u0301novation. En contournant le ba\u0302timent on comprend que c\u2019est une e\u0301glise catholique \u2013 St Michel \u2013 construite sur les vestiges d\u2019une ancienne mosque\u0301e \u2013 a\u0300 ve\u0301rifier \u2013 comme un signe \u2013 un sympto\u0302me historique. A\u0300 co\u0302te\u0301 l\u2019ancien ho\u0302pital, frai\u0302chement transfe\u0301re\u0301 a\u0300 Pamandzi, plus loin plusieurs grosses ba\u0302tisses abandonne\u0301es dont la Maison du Gouverneur parlent d\u2019une puissance institutionnelle passe\u0301e, on pe\u0301ne\u0300tre dans ces histoires oublie\u0301es, jonche\u0301es de de\u0301chets de squatteurs&#8230; l\u2019avenir de l\u2019i\u0302le a pris la barge pour sie\u0301ger sur Grande Terre.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Mardi, Chaanbani nous pre\u0301sente une des rares constructions traditionnelles de Petite Terre, c\u2019est un Banga [https:\/\/ fr.wikipedia.org\/wiki\/Banga_(maison)], la construction modeste et en mauvais e\u0301tat te\u0301moigne de savoir-faire et de pratiques locales, on sent que cela lui importe. On passe ensuite chez lui, sa femme est assise leur be\u0301be\u0301 allonge\u0301 devant elle au sol. Channbani travaille comme me\u0301diateur culturel et artistique au Royaume des fleurs, notamment en direction des jeunes de la Vigie mais sa passion et son me\u0301tier est la couture. La salle commune ou\u0300 nous sommes est aussi son atelier, il nous montre ses cre\u0301ations, nous parle des tissus locaux, la fac\u0327on dont on les nomme ici ou en Tanzanie ( ou\u0300 ils sont fabrique\u0301s) ils s\u2019appellent \u00ab Numberone \u00bb, ce nom sonne comme une formule magique. De la magie encore le lendemain, Channbani nous emme\u0300ne voir une ancienne mosque\u0301e en ruine, e\u0301difice sans a\u0302ge dont un pignon est couvert par les racines d\u2019un arbre (coupe\u0301), les jeunes Mahorais qui nous accompagnent n\u2019osent pe\u0301ne\u0301trer l\u2019enceinte a\u0300 ciel ouvert, des offrandes s\u2019accumulent dans un renfoncement du mur. La journe\u0301e se terminera a\u0300 la plage.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 117\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Yohann \u2013 Mercredi nous avions rendez-vous au Royaume des Fleurs, je m\u2019acclimate peu a\u0300 peu. Les choses se mettent en place avec une re\u0301gularite\u0301 qui fait nai\u0302tre les groupes. Ce sera danse et e\u0301veil du corps le matin puis promenade apre\u0300s le de\u0301jeuner commun sous le pre\u0301au de l\u2019e\u0301cole mitoyenne, dont l\u2019entre\u0301e se fait par un portail coulissant de me\u0301tal ajoure\u0301 reprenant les mots clefs du lieu, re\u0301cre\u0301ation, danse, art, e\u0301ducation, performance&#8230; J\u2019ai de\u0301cide\u0301 de suivre un groupe qui part vers la plage des Badamiers, nous y visitons la ruine d\u2019une vieille mosque\u0301e. Sur place nous e\u0301changeons beaucoup, a\u0300 la fois sur l\u2019histoire de ce site ainsi que sur le sujet qui pre\u0301occupe l\u2019espace des e\u0301changes entre les jeunes a\u0300 savoir les Djinns. Je prends des photos des plots de be\u0301tons qui bornent le terrain. Plus tard, je retrouve ces me\u0302mes formes organise\u0301es diffe\u0301remment sur la plage des Badamiers. Je sens que je suis en train d\u2019entrer dans ce projet de re\u0301sidence. <\/strong><\/p>\n<p>Nous pensons, travaillons avec nos corps. La marche, la danse, le soleil, la mer&#8230; L\u2019environnement rythme la pense\u0301e, l\u2019e\u0301nergie, les sens. Tous les matins, atelier de danse.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Djodjo \u2013 Dans le geste quotidien, tout mouvement est danse ! C\u2019est le regard pose\u0301 dans le mouvement qui produit une danse dans un espace. Le corps danse tout le temps, a\u0300 chaque instant. Prendre conscience de chaque acte quotidien.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>\u00ab Je me re\u0301veille, je descends du lit, j\u2019ouvre la porte, je marche vers la salle de bain, je me brosse les dents, lave le visage, etc&#8230; \u00bb<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>J\u2019aime a\u0300 citer ces gestes ordinaires du corps, car le corps s\u2019articule et s\u2019organise naturellement dans son espace culturel, architectural.\u00a0Le de\u0301placer avec conscience permet de se le [re\u0301]approprier. Prendre conscience des gestes dans le corps, de leurs articulations, leurs interactions, leurs sonorite\u0301s, leur quotidiennete\u0301, peut en faire une danse, une chore\u0301graphie. <\/strong><strong>Comment partir du geste quotidien vers la danse ? Du mouvement qui devient un geste ?<\/strong><br \/>\n<strong>Du geste qui devient une danse ?<\/strong><br \/>\n<strong>De la danse dans l\u2019espace ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Play&gt;Urban &gt; Ce sont 12 e\u0301tudiants de Strasbourg et La Re\u0301union, 19 jeunes du Royaume des Fleurs. Ils n\u2019ont pas la me\u0302me culture gestuelle du mouvement du corps dans l\u2019espace. Cependant ils doivent vivre dans un me\u0302me lieu, se de\u0301placer, se de\u0301couvrir, se nourrir et se divertir ensemble.<\/strong><br \/>\n<strong>Comment rythmer ces diffe\u0301rents corps dans ces nouveaux espaces ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tous les matins, a\u0300 partir d\u2019un mouvement familier du quotidien, chaque laborantin apportait son mouvement. Ces gestes mis ensemble ont permis de cre\u0301er une phrase commune, sous un rythme, une danse, une chore\u0301graphie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cette me\u0301thode cre\u0301e un langage commun, une danse qui rapproche le groupe, les corps dans un me\u0302me espace. Les gestes quotidiens des uns et des autres ont e\u0301te\u0301 traverse\u0301s dans des corps diffe\u0301rents. Cette approche du geste quotidien par le groupe permet a\u0300 chaque corps de faire l\u2019expe\u0301rience du gesteculturel des uns et des autres, afin de de\u0301finir leur nouvel espace, en l\u2019occurrence, ici, celui de Play&gt;Urban. Tout le monde danse avec conscience.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019expe\u0301rience performative a\u0300 la barge est donc rendue possible par ce de\u0301tournement du regard vers un acte pose\u0301, qui devient non seulement un geste pose\u0301 par le danseur mais une interaction avec l\u2019autre, sa culture, son espace, etc&#8230;<\/strong><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 118\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>F \u2013 Ce qui se joue ici dans cette parenthe\u0300se de temps [3 semaines de re\u0301sidence], est-ce la rencontre des corps et des espaces ? corps eux-me\u0302mes pour les e\u0301tudiants sce\u0301nographes \u2013 corps re\u0301ve\u0301le\u0301s par les ateliers-danse de Djodjo Kazadi ou\u0300 se partage les expe\u0301riences et les compe\u0301tences \u2013 temps singulier de transmission informelle entre jeunes danseurs Mahorais et sce\u0301nographes Franc\u0327ais me\u0301tropolise\u0301s \u2013 corps dans les espaces \u2013 fac\u0327on dont la pense\u0301e sce\u0301nographique re\u0301ve\u0300le les corps qui s\u2019y de\u0301ploient \u2013 ici la transmission s\u2019inverse \u2013 la source de l\u2019expe\u0301rience se de\u0301place vers les sce\u0301nographes \u2013 mais nulle exte\u0301riorite\u0301 pour eux \u2013 ils co-construisent et co-interpre\u0300tent les se\u0301quences performe\u0301es \u2013 le corps devient sce\u0301nographique \u2013 il produit de l\u2019espace dans le mouvement qui re\u0301sonne avec l\u2019espace re\u0301el dans lequel il e\u0301volue.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 118\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>M &#8211; (Premier geste) E\u0302tre la\u0300.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>E\u0302TRE corps, peau, pores, chair, graisse, muscles, facias, os, c\u0153ur, langue, poumon, diaphragme, estomac, intestin, bouche, foie, reins, colon. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Organes, tout c\u0327a dans le de\u0301sordre. Tout le corps sur la plante des pieds, de\u0301sorganise\u0301. Le cerveau dans les gros orteils. <\/strong><\/p>\n<p><strong>E\u0302TRE, qu\u2019est ce que c\u0327a peut bien produire LA\u0300 ?<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 119\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>LA\u0300,<\/strong><br \/>\n<strong>dans la poussie\u0300re des stades,<\/strong><br \/>\n<strong>dans la climatisation d\u2019un supermarche\u0301,<\/strong><br \/>\n<strong>dans la fume\u0301e d\u2019un voule\u0301,<\/strong><br \/>\n<strong>Dans un contro\u0302le d\u2019identite\u0301,<\/strong><br \/>\n<strong>dans le chant du muezzin,<\/strong><br \/>\n<strong>dans la marche de quelqu\u2019un,<\/strong><br \/>\n<strong>dans l\u2019e\u0301puisement d\u2019un autre,<\/strong><br \/>\n<strong>dans un e\u0301chauffement pour entrer dans la danse,<\/strong><br \/>\n<strong>dans la vase d\u2019une mangrove gardienne de se\u0301pultures de 1021 ans,<\/strong><br \/>\n<strong>dans un leve\u0301e de soleil,<\/strong><br \/>\n<strong>dans une blague qui deviendra une bonne ide\u0301e,<\/strong><br \/>\n<strong>dans l\u2019odeur du poissons frais<\/strong><br \/>\n<strong>dans la rumeur d\u2019un caillassage,<\/strong><br \/>\n<strong>dans l\u2019odeur du jasmin,<\/strong><br \/>\n<strong>Dans les murmures de de\u0301case\u0301s*<\/strong><br \/>\n<strong>dans la ge\u0301ne\u0301alogie d\u2019un NOUS<\/strong><br \/>\n<strong>dans la ge\u0301ographie d\u2019un NOUS<\/strong><br \/>\n<strong>dans l\u2019historicite\u0301 d\u2019un NOUS<\/strong><br \/>\n<strong>dans les traverse\u0301es d\u2019une terre a\u0300 l\u2019autre<\/strong><br \/>\n<strong>dont la complexite\u0301 nous seras surement insaisissable, LA\u0300, qu\u2019est ce que c\u0327a peut bien produire E\u0302TRE ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comment faire re\u0301sonner ce premier geste de l\u2019E\u0302TRE LA\u0300, fabriquer des rituels d\u2019imme\u0301diatete\u0301 ? Travailler une attention constante pour l\u2019autre, le lieu, le corps, le lieu, le corps ? E\u0301crire la danse, la transe qui se produit la\u0300 dans ces allers retours,\u00a0et qui re\u0301ve\u0300lera inchallah des corps-espace, des corps-lieux, des corps-paysage. Habiter les lieux qui hantent nos corps\u00a0et (apprendre a\u0300 re\u0301)habiter nos corps que des lieux, des lois alie\u0300nent.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Ce premier geste ici implique un espace-temps de la recherche volontairement poreux ou\u0300 s\u2019encheve\u0302tre par exemple la parole ge\u0301ophysicienne du pe\u0300re d\u2019Elise (prendre le pouls du volcan sous marin, sonder les se\u0301ismes) et la parole cosmogonique des Djinn Ravoy zamany limbi, Jao hondry, Ndranikedraza (celui qui met le talmalandi a\u0300 l\u2019oeil), Ndrassinito Ndramadamny,<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>le gouverneur, qui habitent les corps des soeurs de Marie, incorporer l\u2019Histoire, re\u0301investir son corps, de\u0301faire les genres. Une pense\u0301e du tremblement qui marquera conside\u0301rablement, je crois, nos manie\u0300res d\u2019agir au monde, ici et maintenant.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Alors nous re\u0301fle\u0301chissons nos corps.<\/strong><br \/>\n<strong>(re\u0301flexion : changement de direction des ondes qui rencontrent un corps interpose\u0301.)<\/strong><br \/>\n<strong>Nous traversons<\/strong><br \/>\n<strong>(traverse\u0301e: action de de traverser un espace, une pe\u0301riode d\u2019un point a\u0300 un autre)<\/strong><br \/>\n<strong>et nous tremblons.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 120\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>La danse, la performance sont un devenir de l\u2019atelier de Sce\u0301nographie. Il nous semble clair que cette pratique est en train de muter. Pour les e\u0301tudiants, leur corps est d\u2019e\u0301vidence sce\u0301nographi[qu]e. C\u2019est a\u0300 partir de cela qu\u2019ils construisent une relation et une e\u0301criture de-a\u0300 l\u2019espace. La boi\u0302te sce\u0301nique avec ses conventions s\u2019estompe. Comment peut-il en e\u0302tre autrement ? Ou\u0300, dans le monde, y a t\u2019il des the\u0301a\u0302tres ?<br \/>\nVille et contextes ont toujours fait partie des enjeux de la the\u0301a\u0302tralite\u0301.<\/p>\n<p>Inscrire un geste d\u2019artiste dans un territoire est cre\u0301ation de concepts, d\u2019attitudes, de gestes, d\u2019improvisations. Ainsi, tout fait potentiellement e\u0301criture d\u2019autant que le vivant est sature\u0301 de the\u0301a\u0302tralite\u0301, d\u2019esthe\u0301tique, de performatif, de beaute\u0301&#8230; Le milieu devient territoire.<\/p>\n<p>Play&gt;Urban se focalise sur l\u2019urbain. Ici il est sature\u0301 de vivant, la mer, le ve\u0301ge\u0301tal, les animaux&#8230; Cela de\u0301place la perspective. Les tensions entre le vivant et la ville qui croit sont visibles. Nous marchons dans la Vasie\u0300re des Badamiers a\u0300 mare\u0301e basse. Nous faisons le tour du volcan, la Vigie est une fore\u0302t, des animaux vivent dans la rue, le paysage marin se rappelle constamment a\u0300 nous.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>JC \u2013 Saturation du vivant, marcher dans la Vasie\u0300re a\u0300 mare\u0301e descendante, voir la ville depuis la mer. Voir aussi comment la vasie\u0300re reste un re\u0301ceptacle des de\u0301chets humains. Nous marchons sur un sol volcanique, sculpte\u0301. Cette saturation\u00a0du vivant renvoie au volcan en cours de formation a\u0300 50km au large de petite terre, a\u0300 3500m de profondeur. Mutation sensible du milieu, affaissement de l\u2019i\u0302le de 20cm, tremblements de terre, inquie\u0301tude des habitants. Le pe\u0300re d\u2019Elise, une des e\u0301tudiantes, fait partie des chercheurs\u00a0qui e\u0301tudient le phe\u0301nome\u0300ne. Il nous pre\u0301sente l\u2019e\u0301tat des connaissances lors d\u2019une confe\u0301rence en ligne. Les Mahorais de\u0301couvrent. Ici, le vivant est particulie\u0300rement intense. Le milieu vivant n\u2019est pas paysage, n\u2019est pas un de\u0301cor.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Les fondements de Play&gt;Urban, la ville comme \u00ab infrastructure de personnes \u00bb, l\u2019attention aux pratiques des gens, a\u0300 leurs espaces-temps, leur endurance, le devenir des villes du sud proche [near south], restent pre\u0301sents.<\/p>\n<p><strong>JC \u2013 Il n\u2019est que de voir les tensions entre modes de vie\u00a0et habitat traditionnel \u2013 les bangas \u2013 entrecroise\u0301s avec la \u00ab modernisation \u00bb en cours, le jeu de chat et souris entre une part importante des personnes vivant sur l\u2019i\u0302le et les forces de police. Les histoires de kwassa kwassa hantent l\u2019ordinaire. On en parle peu, pourtant elles sont constamment pre\u0301sentes. Un pe\u0302cheur ne peut m\u2019emmener en mer, la police soupc\u0327onne. Les relations entre les i\u0302les [les Comores, Madagascar] ont toujours existe\u0301, aujourd\u2019hui elles sont entrave\u0301es, prises\u00a0dans les filets des enjeux migratoires. Tout cela accentue le bouillonnement des pratiques ordinaires des gens, sous le radar.<\/strong><\/p>\n<p><strong>F \u2013 Sur Petite Terre \u2013 ville et nature se contaminent, s\u2019interpe\u0301ne\u0300trent \u2013 omnipre\u0301sence de la mer qui ponctue les journe\u0301es par des baignades sans e\u0301gal \u2013 contrairement aux augures inquiets, le quotidien du groupe venu de me\u0301tropole y est paisible et joyeux \u2013 mais notre perception des re\u0301alite\u0301s locales est parcellaire \u2013 si nos corps sont re\u0301ve\u0301le\u0301s apre\u0300s la longue cure du confinement, s\u2019ils gou\u0302tent a\u0300 la de\u0301tente d\u2019un climat propice et d\u2019une nature accueillante, les corps d\u2019ici sont soumis a\u0300 des pressions que l\u2019on devinent et parfois se nomment \u2013 e\u0301le\u0301gance, pudeur et discre\u0301tion.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 121\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Cette re\u0301sidence est faite de ce que nous faisons le temps d\u2019une recherche-cre\u0301ation. L\u2019assemblage pas si fortuit de nos pratiques, de nos perspectives, de nos ve\u0301cus. Sans chercher une cohe\u0301rence autre. Ce qui nous relie ? Les moments multiples, ve\u0301cus ensembledepuis des anne\u0301es.<\/p>\n<p><strong>S1-J 4<\/strong>. Nouveau protocole. Nous demandons un re\u0301cit danse\u0301 des marches des jours pre\u0301ce\u0301dents. Pas de te\u0301moignage, pas de dimension documentaire, pas de re\u0301cits \u00ab sur\u2019. Tout doit e\u0302tre performe\u0301, joue\u0301. Nous agissons en artistes au c\u0153ur de l\u2019ordinaire, lui-me\u0302me sature\u0301 de fiction. En quelques heures e\u0301mergent quatre formes, assez the\u0301a\u0302trales, re\u0301cits, installations, corps. Elles sont visibles sur playurban.hear.fr.<\/p>\n<p><strong>S1-J 5<\/strong>. La barge relie les deux i\u0302les qui constituent Mayotte. C\u2019est un espace-temps singulier, une respiration. Observation a\u0300 l\u2019aller, puis gestes danse\u0301s au retour. Certains e\u0301crivent.<\/p>\n<p><strong>JC \u2013 [atelier d\u2019e\u0301criture \u2013 La Barge]. Son sifflement long aigu dans l\u2019air les gens assis calmes familier le temps de la barge un trajet quotidien qui est aussi voyage grand voyage court ordinaire sire\u0300ne grondement sourd moteur en monte\u0301e la barge glisse la terre glisse lenteur multiples immobilite\u0301s te\u0302te baisse\u0301e smartphone attente grondement temps suspendu quelques-uns marchent on se le\u0300vera tous marchera silence murmures petits groupes seuls moteur tout le monde la socie\u0301te\u0301 mahoraise dans son entier assise immobile dans la barge par petits groupes la barge c\u2019est l\u2019i\u0302le a l\u2019avant pre\u0300s de\u00a0la sortie petit tremblement de terre continu la mer pivote le monde les i\u0302les lent le\u0301ge\u0300rement ondulant vent douceur dans l\u2019e\u0301paisse chaleur tout est lent tout va s\u2019agiter glissement vers l\u2019arrive\u0301e le ronronnement cesse montent les voix les pas sur\u00a0le me\u0301tal les corps s\u2019agitent marchent dans la me\u0302me direction vers l\u2019avant sire\u0300ne la porte descend le\u0301ge\u0300re secousse de l\u2019arre\u0302t voitures motos foule en marche le monde a\u0300 nouveau ne jamais construire un pont.<\/strong><\/p>\n<p><strong>M \u2013 Je choisis une place a\u0300 l\u2019e\u0301tage, au soleil. Je crame un peu mais je kiffe, je prends. Je me branche. Je me recharge. Nous sommes encore a\u0300 l\u2019arre\u0302t.<br \/>\nIl y a des corps qui nous rappellent a\u0300 leur fonction, un militaire en contrebas, la PAF [comme un coup, le bruit d\u2019une claque ?], E\u0301vasan 976, deux personnes portent des gilets blancs. J\u2019ai cherche\u0301 la de\u0301finition, Yohann dit, c\u2019est comme un e\u0301vanouissement, j\u2019ai google\u0301, mais c\u2019est pas c\u0327a du tout, quoique&#8230; J\u2019apprends que le terme est essentiellement utilise\u0301 dans le cadre militaire. Nous partons. Nous traversons.<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019est une respiration.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 122\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>La grande terre me regarde et je la regarde aussi.<\/strong><br \/>\n<strong>Il est question de tout oublier, de vivre la traverse\u0301e individuellement, de s\u2019isoler \u2013 Isoler \/ Isolat \/ Insula \u2013 devenir une i\u0302le parmi le paysage archipe\u0301lique.<\/strong><br \/>\n<strong>La ba\u0302che blanche qui prote\u0300ge les passagers du soleil vibre au vent.<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019est une respiration.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le moteur a change\u0301 de re\u0301gime, nous approchons.<\/strong><br \/>\n<strong>Un homme en bleu au premier e\u0301tage fait un geste de la main, il accompagne notre de\u0301barquement. Nous sommes les seuls ici a\u0300 traverser juste pour la traverse\u0301e, juste pour e\u0302tre la\u0300. Il est 16h20. En face, l\u2019heure est rouge. Aller. Retour.<\/strong><br \/>\n<strong>Un fourgon de la gendarmerie de\u0301barque aussi, l\u2019un d\u2019entre eux sort pour interpeller un homme dans une voiture. Il ne faut pas rester la\u0300 me dit-on. On me rappelle au rythme de la foule de\u0301ferlant sur le Port. Je suis foule, full, charge\u0301e a\u0300 bloc. L\u2019heure est rouge, entre deux temps, c\u0327a clignote.<\/strong><br \/>\n<strong>Je flotte je flotte je flotte mais je ne suis pas su\u0302re que mon amne\u0301sie soit re\u0301ussie.<\/strong><\/p>\n<p>Et <strong>S1-J 6<\/strong>. Nouvelle demande, en quelques heures, agencer une proposition performe\u0301e, entre gestes et textes sur l\u2019expe\u0301rience de la barge. Les propositions sont plus minimales, plus proches du geste ordinaire. Les films sont visibles ici : playurban.hear.fr<\/p>\n<p><strong>Les sept jours suivants<\/strong><\/p>\n<p>Changement de rythme.<br \/>\nLes matins sont consacre\u0301s a\u0300 des pre\u0301sentations de projets et travaux des artistes pre\u0301sents. Apre\u0300s midi et soire\u0301es sont libres, un temps ou\u0300 chacun de\u0301veloppe son propre processus, aide\u0301 des autres.<\/p>\n<p>Nouveau protocole :<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, prendre son temps.<br \/>\n1. Choisir un lieu ou\u0300 vous voulez sur petite terre, y passer du temps, observer, comment et quand il peut e\u0302tre \u00ab active\u0301 \u00bb \/agi en performer\/danseur. Voir comment certains e\u0301le\u0301ments peuvent e\u0302tre de\u0301place\u0301s [ajouter un objet, peindre un mur, utiliser ce qui existe]. Quelles situations d\u2019attention peuvent s\u2019y de\u0301ployer [comment des gens, des passants, des invite\u0301s, des te\u0301moins participent]. J\u2019appellerais cela cultiver un lieu.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 123\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>2. Choisir une manie\u0300re d\u2019attention au territoire, une interaction. Un\/des te\u0301moignage[s], marche, courir sous le soleil, dans la foule, une relation avec le vivant [pale\u0301tuvier ou raie manta, arbres, roche&#8230;]<\/p>\n<p>3. Pas de spectateurs qui ne font que regarder. Ceux qui assistent participent, ils modifient l\u2019e\u0301ve\u0301nement, ils interviennent.<br \/>\n4. Le geste, la danse est un mouvement de pense\u0301e, une image mouvement virtuelle qui de\u0301place le corps. Le mouvement exprime une ide\u0301e.<br \/>\n5. Un objet, et un costume.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019indications, d\u2019un guide pour accompagner l\u2019e\u0301laboration des projets.<br \/>\nCes indications sont formule\u0301es de manie\u0300re ouverte, voire abstraite [avec des exemples], pour que chacun puisse y inscrire ce qu\u2019il souhaite. Le point 4 est important : il tente de nommer une relation non se\u0301pare\u0301e entre pense\u0301e, ide\u0301e et geste. Comment de\u0301passer l\u2019habitude d\u2019un concept the\u0301orique qui encadrerait la pratique et l\u2019inhibition que cela produit, le \u00ab je ne sais pas&#8230;, je ne comprends pas&#8230; \u00bb La question est re\u0301elle, la plupart des jeunes artistes mahorais n\u2019ont pas ou peu fait d\u2019e\u0301tudes, contrairement aux Strasbourgeois. Mais ici tous agissent et\u00a0ce faisant, pensent, constamment. Les Strasbourgeois ne sont pas danseurs, ils se glissent, accompagne\u0301s. Les mahorais ne sont pas sce\u0301nographes, ils se glissent, accompagne\u0301s.<\/p>\n<p>Quelques penseurs sont cependant pre\u0301sents. AbdouMaliq Simone, Vinciane Despret, Michel Serres, Erin Manning, Brian Massumi, Fred Moten, Edouard Glissant, Donna Harraway, Julie Perrin, Michel de Certeau, Denetem Touam Bona&#8230; C\u2019est avec eux qu\u2019en ce moment nous avanc\u0327ons. Les citations qui ponctuent cette publication en te\u0301moignent.<\/p>\n<p>Le bino\u0302me QUOTIDIEN \u2013 &#8211; \u2013 ATTENTION se pre\u0301cise : nous demandons aux artistes d\u2019amplifier, de\u0301placer, rythmer, de\u0301multiplier, d\u2019inventer des situations, des points d\u2019intensification a\u0300 partir du territoire dans lequel nous agissons, des gestes quotidiens dans la rue, au port, dans une ruine&#8230;, des ve\u0301cus, re\u0301cits de vie&#8230;, du stade ou\u0300 l\u2019on dansait enfant, la cour derrie\u0300re l\u2019Ho\u0302tel de Ville, de la poussie\u0300re qui colle a\u0300 la peau, la plage, la tradition qui fac\u0327onne un ancrage, les bangas, l\u2019e\u0301nergie de la Vigie&#8230;<\/p>\n<p>Ces de\u0301placements de gestes, de situations, d\u2019espaces sont nos mate\u0301riaux de cre\u0301ation, ils font sce\u0301nographie, performance, danse.<\/p>\n<p><strong>S2-J2<\/strong> : Yohann demande : qui parle ? D\u2019ou\u0300 chacun parle-t-il ? Mahorais, me\u0301tropolitains, Re\u0301unionnais, Comoriens, migrants, mais aussi hommes \u2013 femmes&#8230; Depuis quelle perspective. Comment les perceptions, l\u2019agir, les points d\u2019attention se croisent-ils ? Quel commun une telle re\u0301sidence produit-elle ? Car ils sont nombreux les moments de commun, par la danse, le travail collectif ; ils sont mouvements de vie. A la maison, ou\u0300 le soir des savoir-faire, des pas, des musiques, etc., s\u2019e\u0301changent. Ce texte tente de prendre en compte cette question. Selon d\u2019ou\u0300 l\u2019on parle, les re\u0301cits sont diffe\u0301rents. Vient alors l\u2019ide\u0301e de faire des interviews.<\/p>\n<p><strong>JC &#8211; Comment parler des parcours des artistes Mahorais, sans utiliser les termes convenus, humanistes, qui de\u00a0fait classent, voire stigmatisent. En n\u2019en parlant pas ? D\u2019autant que si les histoires de vie sont pre\u0301sentes dans la vie du laboratoire, ce sont toutes les histoires des personnes pre\u0301sentes et la manie\u0300re dont elles entrent en re\u0301sonance avec le milieu. En soi, les ve\u0301cus ne sont pas l\u2019objet principal des projets. Dans les interviews, chacun parle de son chemin, de ce qu\u2019il souhaite et cela e\u0301voque la diversite\u0301 et la richesse, la complexite\u0301 des chemins de vie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>F \u2013 Parler de la chai\u0302ne biologique et familiale qui lie les corps vivants a\u0300 Mayotte a\u0300 ceux aux Comores \u2013 e\u0301pouses\u00a0\u2013 maris \u2013 enfants \u2013 me\u0300res \u2013 pe\u0300res \u2013 fre\u0300res \u2013 s\u0153urs \u2013 cousins \u2013 cousines&#8230;. se\u0301pare\u0301s par la re\u0301alite\u0301 ge\u0301opolitique qui tient dissocie\u0301e Mayotte du reste de l\u2019archipel. Approcher \u2013 partager la re\u0301alite\u0301 des corps soumis a\u0300 ces contraintes est une expe\u0301rience \u2013 parfois une de\u0301couverte \u2013 pour qui est installe\u0301 en un corps labe\u0301lise\u0301-re\u0301publicain \u2013 le corps du Comorien ou du Mahorais sans papier est un corps soumis a\u0300 la traque \u2013 corps surnume\u0301raire pour les autorite\u0301s \u2013 a\u0300 extraire de la somme des corps de l\u2019i\u0302le \u2013 corps-chiffre \u2013 corps \u2013 statistique \u2013 corps-variable d\u2019ajustement politique \u2013 corps en attente d\u2019autorisation d\u2019existence [limbes-purgatoire de la Re\u0301publique] \u2013 e\u0302tre invisible pour vivre \u2013 sur un fil \u2013 aux aguets \u2013 d\u2019autres corps \u2013 corps multiples les cherchent \u2013 corps de police \u2013 de gendarmerie \u2013 d\u2019arme\u0301e \u2013 corps anonymise\u0301s de groupements spe\u0301ciaux aux pratiques opaques \u2013 corps-pions quadrillant le territoire \u2013 corps augmente\u0301s- technologiques \u2013 corps arme\u0301s \u2013 Mayotte est un terrain de chasse a\u0300 l\u2019humain. Corps traque\u0301s sur terre \u2013 corps perdus en mer, corps naufrage\u0301s des traverse\u0301es tragiques qui tentent de relier les corps ge\u0301ne\u0301tiques entre eux. Les corps perdus sont nombreux, qui les comptabilisent ? s\u2019ils n\u2019entrent pas dans les calculs des autorite\u0301s, ils hantent les corps vivants de l\u2019i\u0302le \u2013 pre\u0301sents sur les visages \u2013 comme un voile \u2013 les disparus traversent les corps vivants qui en accueillent la me\u0301moire \u2013 la performent \u2013 tentent de l\u2019honorer en donnant a\u0300 leur corps \u2013 sauve\u0301 \u2013 une le\u0301gitimite\u0301 conteste\u0301e par la ge\u0301opolitique.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 124\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>S2, J2-3-4-5.<\/strong> Le temps s\u2019acce\u0301le\u0300re, flotte, s\u2019acce\u0301le\u0300re a\u0300 nouveau, chacun fait sa vie, marche seul ou en groupe, re\u0301fle\u0301chit, se heurte a\u0300 des difficulte\u0301s.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Y \u2013 Comme un cheveux sur la soupe&#8230; pense\u0301e : les jeux de mots sont un moyen de faire rebondir, de modifier les sens, de les renvoyer au bain toujours renouvele\u0301 des possibles. Un esprit d\u2019a\u0300 propos qui deale avec son contexte. Les e\u0301nonce\u0301s de chacun en sont le paysage rythme\u0301. Comprendre, mais ne pas figer, faire des dribbles dans la pense\u0301e, des passements de jambes conceptuelles. Le matin, je m\u2019amuse, je suis a\u0300 l\u2019affu\u0302t, je re\u0301veille mes sens, dans des discussions matinales qu\u2019il faut contrarier avec bienveillance, afin de donner le ton de la journe\u0301e. Essayer, manipuler, expe\u0301rimenter, contre-pieds rime avec rime, enfin je crois. Ce qui est su\u0302r c\u2019est que dans ce genre d\u2019exercice, on doit rester sur le qui vive.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>JC \u2013 Comment faire comprendre a\u0300 des pe\u0302cheurs que l\u2019on\u00a0veut juste danser parmi eux, en observant leurs gestes, et pourquoi. De\u0301couverte par les uns et les autres du fait qu\u2019un milieu n\u2019est pas neutre, qu\u2019il n\u2019est pas constitue\u0301 de spectateurs assis dans la pe\u0301nombre, qu\u2019il faut constamment interagir, e\u0301changer, co-construire, improviser, voire renoncer car ce que l\u2019on imagine est de\u0301cide\u0301ment trop difficile, un peu dangereux. Bref, pas opportun.<\/strong><\/p>\n<p>On se repose aussi. Pour les mahorais, l\u2019expe\u0301rience est un re\u0301el de\u0301placement qui demande de penser et agir par soi-me\u0302me. Pour les Strasbourgeois le de\u0301placement est autre, celui qu\u2019ope\u0300re l\u2019immersion dans un monde nouveau, aussi intense. Mais tout le monde travaille, beaucoup, a\u0300 son rythme.<\/p>\n<p><strong>Y \u2013 Mercredi sur une proposition de Inssa aka Je\u0301su, on s\u2019est rendu avec Franc\u0327ois et Myriam dans la Mangrove, a\u0300 l\u2019arrie\u0300re du Royaume des Fleurs. Cette promenade s\u2019est transforme\u0301e pour moi en un moment exploratoire. Tout semble neuf ici, les paysages que je traverse me parlent a\u0300 moi, de mon rapport a\u0300 la mer, a\u0300 la traverse\u0301e de celle-ci. Je me demande quel imaginaire j\u2019aurais eu en naissant ici, la\u0300. J\u2019ai pris quelques images, fascine\u0301 par les dialogues qu\u2019entretiennent les terres et la mer dans cet endroit qu\u2019ils nomment la Vasie\u0300re, celle des Badamiers. Il doit y en avoir d\u2019autres, je pense. Des tombes ouvertes devant nous,\u00a0quelques photos,\u00a0une question me vient : Comment enterrent-t-ils les morts ? Est-ce a\u0300 mare\u0301e basse ? Est ce que la mer a repris ces droits sur ce site qui semble plusieurs fois centenaire. Myriam\u00a0nous enverra le lendemain sur notre groupe de discussion whatsapp, les re\u0301ponses aux questions que l\u2019on se posait.\u00a0Cette ne\u0301cropole appartiendrait a\u0300 un ancien village installe\u0301\u00a0ici entre le 9e et le 13e sie\u0300cle. Je ne le dis jamais, mais je suis toujours e\u0301mu de voir les traces et le peu de \u00ab restes \u00bb qui nous renseignent sur d\u2019anciens habitants, sur leurs us et coutumes.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 125\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>S2-J5<\/strong>. Apre\u0300s les pre\u0301sentations du matin, repas commun [chaque jour]. Puis discussions sur les projets. Craintes, de\u0301sirs, re\u0301cits de vie. Moments d\u2019e\u0301change privile\u0301gie\u0301s. Comment arriver a\u0300 croire en ce que l\u2019on fait.<\/p>\n<p><strong>JC \u2013 Batoule he\u0301site, he\u0301site. Un lieu, un arbre ancien, une\u00a0pie\u0300ce de tissu, des textes e\u0301crits dessus. Et quoi ? Puis, elle\u00a0raconte : un homme arrive avec une bassine, suspend la pie\u0300ce\u00a0de tissu. Comment est la bassine ? Quelle marche ? le tissu a\u00a0quelle taille ? Comment est-il suspendu ? Les phrases, elles viennent d\u2019ou\u0300 ? Des gens ! Un vieil homme parlait d\u2019un second arbre au me\u0302me endroit. Un projet s\u2019esquisse.<\/strong><\/p>\n<p>Hier vers 19:00, nous allons a\u0300 la maison ou\u0300 vivent les e\u0301tudiants et discutons des projets. C\u2019est le bon endroit, le bon moment, au c\u0153ur du travail en cours. Partage d\u2019images, de vide\u0301o. Nicolas, Joyce, Pauline, Lucie, dans une maison en ruine. Karim et la poussie\u0300re du stade, danser dans la poussie\u0300re.<\/p>\n<p><strong>JC \u2013 Tekar lui, danse la poussie\u0300re de l\u2019enfance. L\u2019ide\u0301e lui est venue suite a\u0300 une balade ensemble, un tour des lieux ou\u0300 il\u00a0a grandi. Le plus e\u0301tonnant est ce morceau de campagne,\u00a0tre\u0300s proche de la ville. La route est coupe\u0301e par le creusement re\u0301cent d\u2019une tranche\u0301e, e\u0301vacuation des eaux qui donne dans la Vasie\u0300re. Autour, la fore\u0302t, des bangas, beaucoup de de\u0301chets. Et la poussie\u0300re, partout. Tekar a grandi ici.<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui nous pensons renouveler. Mais tout le monde part assister a\u0300 une ce\u0301re\u0301monie de Trumba organise\u0301e par la s\u0153ur de Marie.<\/p>\n<p><strong>JC \u2013 Chamouane me parle des liens avec les esprits, il a grandi dans ce monde. Sa danse ne viendrait-elle pas de\u00a0la\u0300 ? Rayanti qui danse le debaa, va performer sa vie sur un mur le long de la route, en robe traditionnelle de marie\u0301e, Marie aussi, a\u0300 plusieurs reprises e\u0301voque cet ordinaire,\u00a0celui de la spiritualite\u0301. Un ordinaire qui comporte une part d\u2019inexplicable. A la suite de cette ce\u0301re\u0301monie, une rencontre est organise\u0301e avec la soeur de Marie, qui permet d\u2019entrevoir la manie\u0300re dont ces moments de relation avec les esprits font partie, ici, de la vie.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 126\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>S2-J6<\/strong>. Samedi, performance collective sur la barge. Pour cause de restrictions Covid, nous ne pouvons organiser un e\u0301ve\u0301nement rassemblant du public. Nous choisissons de faire l\u2019inverse. Aller vers les gens, nous disse\u0301miner parmi eux. A l\u2019heure dite, en me\u0302me temps, 30 personnes se mettent a\u0300 agir, performer, danser parmi les gens, micro gestes dans la salle d\u2019attente, puis monte\u0301e en visibilite\u0301 durant le temps de la traverse\u0301e, jusqu\u2019a\u0300 la sortie. Et retour. Discussion collective sur ce que nous allons faire. Danser a\u0300 deux, danser sans musique, marcher ensemble, commencer chacun dans son coin puis se rassembler, plusieurs temps, ou tous a\u0300 distance mais connecte\u0301s. Gestes, mots. Puis Djodjo apporte des assiettes, des tissus.<\/p>\n<p>Consigne :<\/p>\n<p>Travailler avec trois e\u0301le\u0301ments ordinaires, une bassine colore\u0301e, un tissu et un objet choisi par chacun. Imaginer avec cela quelque chose en termes performatifs. Comment avec ces e\u0301le\u0301ments, exister puis disparai\u0302tre, et re\u0301apparai\u0302tre entre collectif et solo. Et puis s\u2019adapter, jouer avec les circonstances et le contexte.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Y \u2013 Nous allons vers 16h, a\u0300 la barge. Un temps dont la tentative sera de danser la barge et\/ou de barger la danse. On souhaite penser en acte. Nos aller-retours entre les deux terres sont a\u0300 l\u2019image de la manie\u0300re dont on tisse au fur et a\u0300 mesure, notre relation a\u0300 \u00ab un corps commun \u00bb dont le de\u0301sir oscille entre oeuvrement et de\u0301soeuvrement avec cette volonte\u0301 de de\u0301passer, basculer, bouger ce contexte. Ici, le \u00ab corps commun \u00bb et l\u2019espace se jaugent et s\u2019appre\u0301cient, du moins ils se le proposent. Ou, on se le propose, je ne sais plus.<\/strong><\/p>\n<p><strong>F \u2013 deux jours apre\u0300s, Lucien prend la barge avec des complices et joue de la trompette sur le pont supe\u0301rieur<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>Les jours \u00e0 venir<\/strong><\/p>\n<p>La dernie\u0300re semaine est faite de la fabrication de cette publication conc\u0327ue comme un assemblage de points de vue, de fragments, de pistes. En trois jours.<br \/>\nPuis de deux jours d\u2019interventions, performances, un peu partout dans la ville, sur Petite Terre. Elles sont le fruit des dix derniers jours du laboratoire.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><strong>JC \u2013 Tout cela est intense, inte\u0301ressant, la vie se fait passionnante pour quelques semaines de vie collective, conviviale, attentive, chacun travaille a\u0300 sa manie\u0300re, a\u0300 son rythme, co-construit, rencontre, aime, vit. Mais que faisons nous en fait ? Yves Citton sugge\u0300re que nos socie\u0301te\u0301s en devenir sont peut-e\u0302tre des socie\u0301te\u0301s de recherche cre\u0301ation, \u00ab dans la mesure ou\u0300 nous ne pouvons plus nous permettre de de\u0301le\u0301guer a\u0300 un petit nombre d\u2019entre nous les ta\u0302ches essentielles de comprendre nos encheve\u0302trements de causalite\u0301s et d\u2019imaginer des alternatives possibles \u00bb. En e\u0301tant \u00ab exploreuses de formes de vie a\u0300 venir \u00bb, ces pratiques amene\u0301es a\u0300 se ge\u0301ne\u0301raliser [selon Citton], en cre\u0301ant de la flexibilite\u0301, une capacite\u0301 de chacun a\u0300 produire son propre processus, dans un monde que nous connaissons, devenant pre\u0301caire du fait de son insistance a\u0300 s\u2019auto-de\u0301truire, que faisons-nous ? Ne re-configurons nous pas pour la enie\u0300me fois, encore une fois, une fois encore, la question suivante : \u00ab dans quelle mesure les recherches et les cre\u0301ations issues des travaux hybride\u0301s d\u2019artistes et d\u2019universitaires contribuent-elles a\u0300 nous enferrer dans ornie\u0300res de l\u2019auto-destruction extractiviste, ou dans quelle mesure aident-elles a\u0300 nous en de\u0301gager ? \u00bb.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A PLUSIEURS VOIX Franc\u0327ois \u2013 Quelle mouche nous a pique\u0301 pour venir a\u0300 la rencontre de personnes vivant a\u0300 10 heures d\u2019avion de chez nous ? n\u2019avons-nous pas saisi les avance\u0301es relationnelles produites par un an et demi de confinement sanitaire ? les vertus tant vante\u0301es de la rencontre a\u0300 distance ne nous sont-elles pasparvenues [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":68,"featured_media":5126,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[213],"tags":[],"class_list":["post-5816","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-mayotte-2021"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5816","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/users\/68"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5816"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5816\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6753,"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5816\/revisions\/6753"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5126"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5816"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5816"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.le-hub.hear.fr\/playurban\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5816"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}